
Hier, la Commission européenne a pointé la Belgique, lors de la remise de ses avis sur les budgets nationaux pour 2020. Et si elle épingle notre pays, c’est pour l’insuffisance de la réduction de sa dette publique et aussi pour un risque d’écart "significatif" par rapport à l’objectif de retour à l’équilibre structurel. Déjà au mois d’octobre, la Commission européenne avait demandé à la Belgique de soumettre "aussitôt que possible" une feuille de route budgétaire conforme aux recommandations et aux règles budgétaires européennes. L’ancien Président de la Commission des finances du Parlement est revenu sur cette mise en garde de l’Union européenne, au micro de Thomas Gadisseux.
Le nouveau président des seniors du CD & V a donc mis en garde l’ex-ministre du budget, Sophie Wilmès, laquelle lui a répondu, "qu’il était trop pessimiste" et le ministre des finances, Johan Van Overtveld, "était aussi furieux". "En pleine discussion budgétaire, j’ai laissé mon testament budgétaire, et déclaré que le gouvernement avait hypothéqué la future génération." A propos de cette dégradation des finances publiques, Sophie Wilmès, l’a justifié par le blocage dû à un gouvernement en affaires courantes. Une explication qui ne convainc pas Eric Van Rompuy. "Je ne suis pas d’accord. En novembre 2018, L’Europe a dit la même chose que ce qu’elle dit aujourd’hui ; que le déficit structurel allait augmenter. Si on en est là, c’est la faute de tout le gouvernement. La Suédoise avait promis d’atteindre un équilibre budgétaire. Ils ont eu une diminution des taxes et une augmentation de l’emploi. Donc, beaucoup d’éléments pouvaient prévoir que le déficit allait réaugmenter, après avoir diminué."
Tax shift, pas assez financé
Pour lui, l’augmentation du déficit budgétaire de notre pays s’explique par un manque de financement suffisant du tax shift, et ce même avant la chute du gouvernement en décembre 2018. "Depuis deux ans, c’est clair que le tax shift n’est pas compensé par un assainissement des dépenses ou d’autres taxes. Et donc, il n’était pas financé. Or, le tax shift, ce sont des montants de presque 8 milliards sur 4 ans, et la moitié n’était pas financée. Cela a été dit par la Banque nationale, par le Bureau du plan, et par la Commission européenne. Avant la chute du gouvernement, on avait encore voté le budget 2019 en commission, et la Commission européenne a dit "non, ce déficit va augmenter structurellement, en 2019 de 1,5%, soit 8 milliards, et en 2020, vous aurez un déficit à cause du non-financement du tax shift, et d’une augmentation des dépenses. Je ne suis pas du tout surpris, car sur l’évolution des dépenses, la Commission européenne avait dit qu’on pouvait atteindre une augmentation de 4%, en 2019. Or, selon le Pacte de stabilité, l’augmentation ne peut être supérieure à 1,5%", a-t-il affirmé.Le nouveau président des seniors du CD & V a donc mis en garde l’ex-ministre du budget, Sophie Wilmès, laquelle lui a répondu, "qu’il était trop pessimiste" et le ministre des finances, Johan Van Overtveld, "était aussi furieux". "En pleine discussion budgétaire, j’ai laissé mon testament budgétaire, et déclaré que le gouvernement avait hypothéqué la future génération." A propos de cette dégradation des finances publiques, Sophie Wilmès, l’a justifié par le blocage dû à un gouvernement en affaires courantes. Une explication qui ne convainc pas Eric Van Rompuy. "Je ne suis pas d’accord. En novembre 2018, L’Europe a dit la même chose que ce qu’elle dit aujourd’hui ; que le déficit structurel allait augmenter. Si on en est là, c’est la faute de tout le gouvernement. La Suédoise avait promis d’atteindre un équilibre budgétaire. Ils ont eu une diminution des taxes et une augmentation de l’emploi. Donc, beaucoup d’éléments pouvaient prévoir que le déficit allait réaugmenter, après avoir diminué."