
Un cheminot belge de la région bruxelloise et une mère de famille sans emploi du Namurois ont été arrêtés, ce samedi, dans le cadre des manifestations des gilets jaunes qui se déroulaient à Paris. Ils ont passé quatre nuits en détention. Michel* (prénom d'emprunt, ndlr), le cheminot, a retrouvé la liberté ce mercredi soir. Mais Jessica, la mère de famille, se trouve, elle, toujours dans un centre de rétention.
Samedi, Michel* et Jessica cherchaient à quitter le centre de Paris, mais ils sont pris dans une charge de CRS. Dans la cohue, Michel* saisit une barrière pour la déplacer car elle gêne leur fuite. Les deux amis sont aussitôt arrêtés et placés en garde à vue pour avoir voulu monter une barricade contre les CRS.
Relâchés... puis arrêtés à nouveau
Le lendemain, ils passent en comparution immédiate devant un juge qui les relaxe. Aucune charge n’est retenue contre eux.
Pourtant à la sortie du tribunal, Michel* et Jessica sont à nouveau arrêtés. Ils font l’objet d’un ordre de quitter le territoire. En principe, pour les ressortissants européens, cette mesure doit être appliquée dans les trente jours et sans privation de liberté. Sauf si la personne concernée représente une menace grave pour la sécurité des citoyens.
Michel* et Jessica sont alors envoyés dans un centre de rétention. Ils sont passés ce mercredi soir, chacun de leur côté cette fois, face à deux juges administratifs. Le premier a libéré Michel*. Mais le second a maintenu Jessica en centre de rétention où elle se trouve donc toujours.
Les avocats des deux Belges dénoncent un abus de pouvoir de la préfecture de police et une situation totalement ubuesque. Ils ont l'intention de faire appel de cette décision judiciaire.
Ecoutez ci-dessous Raphaël Kempf, l’un des avocats des deux gilets jaunes
by Am.C. avec N.Ro. via RTBF info - La Une